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Guide pratique · Méthode complète

Comment trouver une bourse d'études
au Canada — Québec & universités anglophones

Mis à jour : Mars 2026 13 min de lecture 7 étapes claires Sources officielles
7 étapesMéthode complète
5 portailsOutils officiels
8 erreursÀ éviter absolument
12 moisAvant la rentrée idéalement

À qui s'adresse ce guide ? À tout étudiant international souhaitant étudier au Canada — que ce soit au Québec (francophone) ou dans les universités anglophones (Toronto, McGill, Vancouver). Certaines étapes sont identiques, d'autres diffèrent selon la province et le niveau d'études visé.

Chaque année, des milliers d'étudiants internationaux ratent des bourses importantes — non pas parce qu'ils ne sont pas qualifiés, mais parce qu'ils ne savent pas où chercher, par où commencer ou à qui s'adresser. Ce guide vous donne la méthode complète.

La recherche d'une bourse au Canada n'est pas un exercice de chance. C'est un processus structuré qui commence bien avant la date de candidature, nécessite de s'adresser aux bons interlocuteurs et de préparer un dossier cohérent avec les critères exacts de chaque programme. Ce guide couvre les deux univers : le Québec francophone avec ses propres programmes gouvernementaux, et les universités anglophones (Ontario, Colombie-Britannique, Alberta) avec leurs mécanismes distincts.

Avant de commencer votre recherche

Comprendre l'écosystème des bourses au Canada

Bourses gouvernementales québécoises

PBEEE (FRQ), Bourses d'excellence des cégeps (MEQ), exemptions de frais majorés selon programme et région — financées par le gouvernement du Québec. Ouvertes principalement aux cycles supérieurs.

Québec uniquement

Bourses fédérales canadiennes

BESRC-D (ex-Vanier), OGS Ontario, Bourses d'études au Canada (BEC/Affaires mondiales) — accessibles dans toutes les universités canadiennes selon le programme et le niveau.

Toutes provinces

Bourses institutionnelles

Chaque université possède ses propres bourses : Pearson (U of T), McCall MacBain (McGill), PISE (York), ISLA (TMU), exemption UdeM… Automatiques ou sur concours, elles sont souvent méconnues.

Par université

Bourses bilatérales et du pays d'origine

Ententes Québec–France, Québec–Belgique, ententes de mobilité avec ~30 pays francophones. Exemptions tarifaires et bourses accordées via le ministère de l'Éducation du pays d'origine.

Selon nationalité

Règle d'or : la plupart des bourses au Canada ne sont pas cumulables entre elles. Identifier la bourse la plus avantageuse pour votre profil avant de candidater est donc fondamental. Postuler à plusieurs sans stratégie peut nuire à votre dossier.

La méthode — de zéro à la candidature

Les 7 étapes pour trouver et obtenir votre bourse

01

Définir votre profil exact Point de départ

Avant toute recherche, répondez à ces 5 questions — les réponses déterminent à 80 % les bourses accessibles :

Niveau visé — Baccalauréat (1er cycle) ? Maîtrise (2e cycle) ? Doctorat (3e cycle) ?
Province cible — Québec francophone, Ontario anglophone, ou ouvert à tout le Canada ?
Nationalité — Certaines bourses sont liées à des ententes bilatérales (France, Belgique, Maroc, Sénégal...)
Discipline — Recherche (avec mémoire/thèse) ou professionnel ? Sciences, lettres, génie, santé ?
Délai — Rentrée dans 6 mois, 12 mois ou 18+ mois ? Le délai conditionne quelles candidatures sont encore ouvertes.
Conseil : Notez vos réponses sur une feuille avant d'aller plus loin. Vous en aurez besoin pour filtrer les portails de recherche à l'étape 2.
03

Identifier les bourses accessibles à votre profil Sélection ciblée

Une fois sur les portails, filtrez selon votre profil (étape 1). Pour chaque bourse retenue, créez une fiche avec : le montant, le niveau visé, les conditions exactes, la date limite, le type de candidature (directe, via université, via pays d'origine) et les pièces requises.

Votre situation Bourses prioritaires à cibler Par où commencer
Bac · Québec · Tous pays Exemption programme/région (UQAC, UQAT, UQAR…) · Bourse UdeM automatique Site du registraire de chaque univ. visée
Bac · Toronto · Tous pays Pearson (U of T) · York Distinction (auto.) · PISE York · ISLA TMU futurestudents.yorku.ca · future.utoronto.ca
Maîtrise · Québec · Tous pays PBEEE (FRQ) · Bourse ENAP · Exemptions bilatérales frq.gouv.qc.ca
Maîtrise · Canada · Tous pays McCall MacBain (McGill) · OGS Ontario mccallmacbainscholars.org · sgs.utoronto.ca
Doctorat · Toutes universités BESRC-D (ex-Vanier) · OGS · Exemption doctorat QC (auto.) trichagencies.ca · votre graduate unit
Français ou Belge francophone Accord bilatéral (tarif QC/CA automatique) · PBEEE · Pearson Registraire de votre univ. + frq.gouv.qc.ca
Pays entente bilatérale Québec (~30 pays) Exemption via entente mobilité + PBEEE + bourses institutionnelles Ministère Éducation de votre pays d'origine
04

Contacter le bon interlocuteur dans l'université Essentiel & souvent oublié

La majorité des bourses canadiennes — surtout au niveau master et doctorat — passent par l'université, pas par vous directement. Il y a deux portes d'entrée incontournables :

Le Service des relations internationales (SRI)

Présent dans toutes les universités québécoises et canadiennes. Il gère les candidatures aux bourses d'échange, BEC (Bourses d'études au Canada d'Affaires mondiales), et les ententes bilatérales. C'est lui qui soumet votre dossier à Ottawa — vous ne pouvez pas le faire directement.

Contacter 6–9 mois avant la rentrée

Le Bureau des bourses et aide financière

Gère les bourses institutionnelles (entrée, excellence, sectorielles). À l'UdeM, c'est le registraire. À U of T, c'est la « Student Financial Aid ». À McGill, le « Student Aid Office ». Chaque université a son portail interne — souvent appelé AwardSpring, ScholarshipPortal ou simplement « My Award ».

S'inscrire dès l'offre d'admission reçue

Conseil concret : Dès que vous recevez une offre d'admission d'une université canadienne, envoyez un email à son bureau des bourses en demandant : « Quelles bourses suis-je automatiquement considéré pour ? Et quelles bourses nécessitent une candidature séparée de ma part ? » Vous obtiendrez une liste personnalisée.

05

Préparer un dossier de candidature solide La différence se joue ici

Même les meilleurs profils perdent des bourses avec un dossier mal préparé. Voici les pièces demandées par la quasi-totalité des bourses canadiennes compétitives :

1
Relevés de notes officiels + traduction certifiée Toutes les années post-secondaires. Si rédigés dans une autre langue que le français ou l'anglais, traduction certifiée obligatoire.
2
Lettre de motivation / Personal statement La pièce la plus importante pour les bourses compétitives. Elle doit répondre aux critères exacts de la bourse — ne jamais envoyer le même texte générique à plusieurs bourses.
3
Lettres de recommandation (2 à 3) Rédigées par des professeurs ou encadrants académiques. À demander 6–8 semaines à l'avance. Pour les bourses de leadership, des lettres de superviseurs d'engagement communautaire sont valorisées.
4
CV académique (pas professionnel) Formations, publications, conférences, awards, expériences de recherche, engagement bénévole. Format chronologique inversé. 2 pages maximum sauf doctorat.
5
Projet de recherche ou d'études (cycles supérieurs) Pour les bourses de maîtrise/doctorat, un résumé de 1–2 pages décrivant votre projet de recherche est quasi-systématiquement exigé.
6
Preuve de maîtrise linguistique IELTS ou TOEFL pour les bourses anglophones (sauf si programme anglophone antérieur). TCF ou DELF pour les bourses québécoises (exigé par certaines universités, pas par toutes).
7
Preuve d'engagement communautaire ou de leadership Pour McCall MacBain, PISE York, Pearson U of T — attestations de bénévolat, de direction d'association, prix, publications grand public. À préparer en parallèle, pas au dernier moment.
8
Passeport valide + documents d'immigration (si disponibles) Pour certaines bourses, une preuve de statut d'étudiant international (permis d'études, CAQ) est requise. Si non encore obtenu, une copie de la demande suffit souvent.
06

Respecter un calendrier stratégique Le timing est tout

La plupart des bourses perdues le sont à cause du timing, pas du profil. Voici le calendrier type à respecter si vous visez une rentrée en septembre :

18–12 mois avant la rentrée

Recherche & identification

Identifier vos 3–5 universités cibles et leurs bourses prioritaires. Contacter les SRI et bureaux des bourses. Lancer les demandes de lettres de recommandation auprès de vos encadrants.

12–9 mois avant la rentrée

Dossier d'admission + premières candidatures bourses

Déposer les demandes d'admission (les bourses compétitives comme Pearson exigent une admission préalable). Préparer le personal statement et le CV académique. Pour les bourses via lycée (Pearson, PISE York), contacter le proviseur pour la nomination.

9–6 mois avant la rentrée

Candidatures principales

Soumettre les candidatures aux bourses identifiées. Bourses fédérales (BESRC-D, OGS) : candidature via votre graduate unit universitaire. Bourses provinciales (PBEEE) : présélection via l'université québécoise d'accueil. McCall MacBain : ouverture en juin pour une rentrée en septembre.

6–3 mois avant la rentrée

Permis d'études + CAQ

En parallèle des bourses, lancer la demande de CAQ (Québec) et de permis d'études canadien. Ces démarches prennent 3 à 10 mois. La bourse ne remplace pas le permis — les deux sont indispensables. Depuis quelque temps, la justification de fonds est requise pour le CAQ.

3 mois avant la rentrée

Confirmation & préparation du départ

Recevoir les réponses aux candidatures. Si bourse obtenue : confirmer l'acceptation auprès de l'université dans les délais. Si non retenu : bourses institutionnelles automatiques s'appliquent toujours. Préparer les documents d'entrée et l'hébergement.

07

Maintenir votre bourse une fois obtenue L'après-attribution

Obtenir une bourse n'est que la moitié du chemin. La grande majorité des bourses canadiennes sont conditionnelles — les perdre en cours d'études est possible si les critères de renouvellement ne sont pas respectés :

Maintenir la moyenne requise — York : GPA ≥ 7,5 (B+) · OGS : A− (80%) · PBEEE : voir règlement FRQ
Rester inscrit à temps plein — Toutes les bourses canadiennes exigent un régime temps plein (sauf exception médicale documentée)
Ne pas changer de programme sans notification — Un changement de programme annule la plupart des bourses institutionnelles (York, TMU, exemptions QC)
Maintenir votre permis d'études valide — La bourse est liée à votre statut d'étudiant international légalement inscrit
Résider physiquement dans la province — Pour les bourses québécoises (PBEEE notamment), une présence continue au Québec est exigée hors périodes de relâche
Soumettre les rapports de renouvellement — Certaines bourses exigent un rapport annuel de progression (BESRC-D, McCall MacBain)
Ce que font la plupart des candidats malheureux

8 erreurs fréquentes à éviter absolument

01

Commencer la recherche trop tard

Les bourses les plus généreuses (Pearson, McCall MacBain) ont des cycles de 12–18 mois. Commencer 3 mois avant la rentrée = arriver après la fermeture de toutes les grandes bourses.

02

Envoyer le même personal statement à tout le monde

Chaque bourse a des critères distincts. Un texte générique se repère immédiatement. La Pearson valorise l'impact social ; la PBEEE valorise la rigueur académique — ce n'est pas le même essai.

03

Utiliser l'IA pour rédiger les essais

L'University of Toronto disqualifie immédiatement les candidats détectés avec de l'IA dans leur personal statement pour la Pearson. De nombreuses autres universités appliquent la même politique.

04

Oublier de demander la nomination du lycée

Pearson et PISE York exigent une nomination officielle de votre lycée — sans elle, la candidature est impossible même si votre dossier est excellent. Ce processus prend du temps.

05

Confondre les bourses cumulables et non cumulables

L'OGS ne peut pas être cumulé avec Vanier/BESRC-D. La PBEEE exclut les bourses d'autres organismes gouvernementaux. Cumuler sans vérifier peut entraîner le remboursement d'une des bourses.

06

Ne pas contacter le bureau des bourses de l'université

La plupart des étudiants ignorent que chaque université a un bureau des bourses interne qui peut vous indiquer les bourses automatiques et celles qui nécessitent une candidature. Un simple email suffit.

07

Ne pas préparer les documents en avance

Traduction certifiée de relevés de notes, lettres de recommandation académiques — ces pièces prennent 4–8 semaines à obtenir. Attendre la deadline pour les demander = candidature incomplète.

08

Attendre la bourse avant de faire le permis d'études

La bourse ne remplace pas le permis d'études et le CAQ. Ces deux démarches doivent avancer en parallèle. Obtenir une bourse sans permis ne vous permettra pas d'étudier au Canada.

Spécificités Québec francophone

Trouver une bourse au Québec : les particularités

Le Québec a son propre écosystème de bourses, distinct du reste du Canada. Voici ce qui le différencie et comment en tirer parti :

Le français est un atout, pas un obstacle

Toutes les grandes bourses québécoises (PBEEE, exemptions bilatérales, bourses institutionnelles UdeM, UQAC) sont accessibles en français. Pour la PBEEE, les dossiers rédigés en français reçoivent exactement le même traitement que ceux en anglais. Contrairement aux idées reçues, les universités québécoises acceptent aussi des personal statements en anglais pour certaines bourses.

La présélection universitaire est obligatoire pour la PBEEE

La bourse PBEEE du FRQ ne s'obtient pas en candidatant directement sur frq.gouv.qc.ca. Il faut d'abord être présélectionné par l'université québécoise d'accueil — elle constitue et soumet le dossier au FRQ en votre nom. Cela signifie que vous devez avoir été admis (ou au moins en cours d'admission) dans l'université avant de postuler à la PBEEE.

Hors Montréal = avantage concurrentiel réel

Les universités situées hors de la Communauté métropolitaine de Montréal (UQAC, UQAT, UQAR, UQO, Laval, Sherbrooke) offrent des exemptions de frais majorés dans les secteurs prioritaires — pour tous les pays, sans quota de nationalité. La concurrence y est moins forte et les quotas souvent supérieurs à ceux des universités montréalaises.

Vérifier les ententes bilatérales de votre pays avec le Québec

Le Québec a signé des ententes de mobilité avec une trentaine de pays — dont le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Gabon, le Vietnam, le Brésil, le Mexique… La demande se fait via le Ministère de l'Éducation de votre pays d'origine (pas directement au Québec). Ces ententes donnent accès au tarif québécois pour toute la durée des études.

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En maîtrisant l'anglais, vous accédez aux bourses de toutes les universités canadiennes — pas seulement québécoises. McCall MacBain (McGill), Pearson (U of T), OGS (Ontario) : toutes exigent un bon niveau écrit. Commencez dès maintenant avec APC English — cours complets, 100 % gratuits, conçus pour les francophones.

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Réponses aux questions les plus posées

Questions fréquentes

À quel moment faut-il commencer à chercher une bourse ?

Idéalement 12 à 18 mois avant votre rentrée. Pour les bourses les plus compétitives (Pearson U of T, McCall MacBain, PISE York), le processus de nomination et de candidature s'étale sur 6 à 8 mois. Pour la PBEEE au Québec, la présélection universitaire a lieu en octobre pour une bourse prenant effet en mai suivant.

Pour les bourses automatiques (York International Scholarship, exemptions doctorat Québec), aucun délai particulier — elles s'appliquent dès l'admission. Mais même dans ces cas, commencer tôt à identifier votre université cible vous laisse le temps d'optimiser votre profil.

Mon pays n'a pas d'entente avec le Québec — ai-je encore des options ?

Oui, absolument. Les ententes bilatérales ne sont qu'une des cinq voies d'accès. Si votre pays ne figure pas dans la liste des ententes québécoises (ex. Congo-Brazzaville, RDC, Burkina Faso), vous avez toujours accès à :

  • → La Voie 3 : programme prioritaire dans une université hors CMM (UQAC, UQAT, UQAR…)
  • → La Voie 4 : exemption totale automatique au doctorat (tous pays sans exception)
  • → La Voie 5 : bourse d'exemption partielle automatique à l'UdeM au baccalauréat
  • → La PBEEE (FRQ) : ouverte à tous les pays pour maîtrise et doctorat
Quelle est la pièce la plus importante d'un dossier de bourse ?

Pour les bourses compétitives, c'est le personal statement (lettre de motivation). Pour les bourses automatiques, c'est votre moyenne finale d'admission. Le personal statement est la seule pièce 100 % sous votre contrôle — et celle sur laquelle les comités basent leur décision finale quand deux candidats ont des moyennes équivalentes.

Pour les bourses de leadership (McCall MacBain, Pearson, PISE York), votre engagement communautaire documenté (attestations, articles, productions) pèse autant que vos notes académiques.

Peut-on postuler à une bourse après un refus d'admission ?

La plupart des bourses institutionnelles exigent une admission préalable dans l'université — un refus d'admission ferme donc la porte aux bourses de cette université. En revanche, les bourses fédérales (BESRC-D, OGS) et provinciales (PBEEE) sont liées à votre université d'accueil, pas à un établissement unique : si vous êtes admis ailleurs, vous pouvez y candidater.

La bourse remplace-t-elle le permis d'études ?

Non. La bourse finance vos études — le permis d'études vous autorise légalement à étudier au Canada. Ce sont deux démarches totalement distinctes qui doivent avancer en parallèle. Obtenir une bourse sans permis valide ne vous permettra pas d'entrer sur le territoire canadien.

Pour les études au Québec, deux documents sont nécessaires : le CAQ (Certificat d'acceptation du Québec, délivré par le gouvernement québécois) et le permis d'études fédéral (délivré par IRCC). Depuis quelque temps, le CAQ exige la justification de fonds disponibles.

Bourse trouvée — votre visa étudiant est la prochaine étape.

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